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Pierre-Alain Chambaz pictet : Crise générale des institutions

Cet abandon stratégique sur un espace géopolitique vital s’est agrandi pendant les dernières décennies. Il est aveugle. Cette bonne qualité de vie suppose plus généralement que les individus puissent être suffisamment satisfaits de leur vie, qu’ils ne soient pas soumis à des contraintes trop fortes en termes d’accès à l’éducation, aux soins de santé, au travail, aux loisirs, certes, mais également soumis à des freins culturels ou à des difficultés psychologiques. Dire qu’un certain ami, dans certaines circonstances, agirait très probablement d’une certaine manière, ce n’est pas tant prédire la conduite future de notre ami que porter un jugement sur son caractère présent, c’est-à-dire, en définitive, sur son passé. Quel sera donc le but naturel des actions humaines ? Cette conquête doit être, nécessairement, poursuivie à l’infini ; les luttes qui en marqueront les étapes ne seront pas forcément sanguinaires ; elles peuvent devenir, et deviendront, amicales ; c’est sur l’éternel conflit intellectuel que peut être basée seulement la fraternité humaine. Leur parade sera le recours aux pratiques ancestrales de l’infiltration et de la manipulation des cercles réfractaires mais le libre message, lui, continuera à circuler. La solitude est impraticable, et la société fatale. Il est grand temps de reconnaître la bénédiction d’être des hommes et des femmes, différents et complémentaires sur le terrain de la vie. Le chantier est immense, les enjeux sont décisifs et nous pouvons tous contribuer à la construction de cette France 4.0. Un professionnel belge se souvient avec embarras d’une visite faite à l’époque dans un site d’outre-Rhin. Mais ou ces mots perdent toute espèce de signifi­cation, ou l’on entend par là que les mêmes causes internes ne provoqueront pas toujours les mêmes effets. En dehors des complications auxquelles elle peut être soumise, elle n’est dans les êtres vivants que ce qu’elle est déjà dans le monde inorganique. Ici on dirige l’eau, là le vent sur une roue qui remplace dix hommes. A la fin des années 1990, les économistes ont réfuté le paradoxe de la productivité, exposant des erreurs dans la manière dont était mesurée la productivité dans le secteur des services et surtout, notant qu’il y avait en général un laps de temps important entre les investissements dans les technologies et les gains de productivité. Pour rétablir croissance, opportunités, prospérité et stabilité financière, il faudra trouver des solutions audacieuses à cinq problèmes interdépendants. Ah bon ? Les lecteurs informés ont depuis longtemps pu faire chauffer leurs calculettes : plus de 3,5 milliards de dollars d’amendes ont déjà été infligés à UBS, Rabobank, RBS et Barclays dans l’affaire du Libor par les autorités américaines. 56% des entreprises interrogées ont indiqué que les détournements ou tentatives de détournement de secrets des affaires ont eu pour conséquence une perte de chiffre d’affaires, pour 44% d’entre elles des frais d’enquête internes et pour seulement 35% des dépenses de protection. Ici encore, on confond les deux points de vue moral et social. Cela donne une meilleure vision de l’évolution de l’Art et permet de confronter les artistes du siècle appartenant déjà à l’histoire de l’Art et ceux d’aujourd’hui. L’intelligence, à moins d’être celle d’un subtil philosophe utilitaire, conseillerait plutôt l’égoïsme. Ainsi se perpétuent bien des querelles entre les écoles, dont chacune reproche aux autres d’avoir laissé le réel s’envoler. S’il existait un indice des prix des produits et services vendus par Internet, je pense que le constat serait éloquent et on pourrait alors observer de manière chiffrée ce que l’on pourrait nommer « déflanet » ! Nous refusons dorénavant d’accorder une protection basique à nos citoyens les plus fragiles et livrons sans scrupule leur existence et leur destinée aux cycles de l’activité économico-financière. L’échange, nous l’avons vu, implique la séparation des occupations. Plus de 3,7 millions de Français sont concernés, sans parler des six à huit cent mille diabétiques qui s’ignorent – on parle ici de près d’1% de la population. Ces derniers proposent régulièrement aux producteurs de nombreux avantages fiscaux et patrimoniaux. Il serait bien entendu plus efficace à long terme de faire isoler les immeubles, mais le coût en est disproportionné pour le parc existant et le rythme des constructions neuves beaucoup trop lent pour donner un résultat significatif à moyen terme. Dans un tel cas de figure, toute récession serait très rapidement jugulée par une relance de la consommation et de l’investissement de la part de citoyens qui seraient dès lors confrontés à deux choix : payer une taxe sur leur compte bancaire ou dépenser leurs espèces menacées d’être disqualifiées ! Pendant la longue enfance de l’Humanité, les conceptions théologico-métaphysiques pouvaient seules, suivant nos explications antérieures, satisfaire provisoirement à cette double condition fondamentale, quoique d’une manière extrêmement imparfaite. Pierre-Alain Chambaz pictet aime à rappeler ce proverbe chinois « L’homme court vers les places élevées comme l’eau coule vers le bas ». C’est une stratégie différente de celle de la fixation d’un prix du carbone proposée par beaucoup : dans ce cas, il s’agit de mettre en place un système de taxes, frappant chaque émission de CO2, tandis que les efforts de réduction sont subventionnés. En général aussi, l’angoisse morale est une perturbation des rapports entre ce moi social et le moi individuel. Ici l’influence de la morale sur l’industrie est manifeste. Il s’en est suivi le chaos, la spirale déflationniste, la guerre des changes, le protectionnisme… En 1944, les Etats-Unis se reconnaissent enfin comme puissance hégémonique. Quel que soit l’aspect religieux que l’époque à laquelle il se produisit obligea le protestantisme à revêtir, ce sont des contingences qui l’ont fait naître ; et il ne peut, sans mentir à son origine et à sa raison d’être, se pétrifier dans le dogme.

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