Business Addict

Pierre-Alain Chambaz

Inversement, quand nous déclarons nous représenter un chaos, c’est-à-dire un état de choses où le monde physique n’obéit plus à des lois, à quoi pensons-nous ? Le préalable étant de tenter de répondre à la question du Nobel d’économie de 1998, Amartya Sen, né en 1933 : « Comment est-il possible qu’une activité aussi utile, comme la finance, soit devenue si immorale » ? Car si ces corps ont pour objet de recevoir des excitations pour les élaborer en réactions imprévues, encore le choix de la réaction ne doit-il pas s’opérer au hasard. Mais ni les vieux monuments, ni les vieux costumes ne tombent d’un seul coup. Pour les banquiers européens et pour quelques gouvernements, le réexamen par les États-Unis du fonctionnement des filiales des banques étrangères chez eux souligne cet impératif. Mais elle consiste bien plutôt à savoir comment la démocratie libérale peut apparaître. Plus personne ne croît aujourd’hui (je suis sûr que certains en rêvent encore) aux univers informatiques unifiés. Quel est le président de la République, qui, après avoir dénoncé « la finance, son ennemie » pour se faire élire, a renoncé à réguler vraiment le système bancaire, sur le conseil, notamment, du secrétaire général adjoint de l’Elysée, Emmanuel Macron ? Sous le vocable chapeau d’ « internationalisation du Renminbi », de nombreuses mesures ont été prises pour faciliter l’usage du RMB hors de Chine pour les paiements, mais aussi pour les opérations financières. Et la fin généralisée (hors services publics) des prix administrés, au profit de prix de marché permettant de créer un environnement économique plus équitable. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Denis Diderot « Ce qui pourrait nous contraindre au bien, pourrait aussi nous contraindre au mal ». Cependant la proposition est moins promue pour sa pertinence contre l’espionnage industriel que par mimétisme avec les standards internationaux. La proposition de loi vise clairement « à augmenter le niveau de sécurité des systèmes d’information des opérateurs d’importance vitale (OIV) », estimés à 200 opérateurs (EDF, les opérateurs télécoms, de distribution d’eau, les banques, La Poste, …). A cette idée toujours la même, et d’ailleurs obscure ou inconsciente, nous adjoignons alors, dans chaque cas particulier, une ou plusieurs images claires qui représentent des états et qui servent à distinguer tous les devenirs les uns des autres. Sa vocation cardinale est donc de guider la répartition des compétences et des décisions entre les acteurs européens et nationaux. Certains observateurs s’étonnent que cette réforme, qui du reste n’aura pas lieu, suscite autant d’émoi dans notre pays. L’Allemagne est confrontée à des problèmes essentiels pour son avenir, mais dispose encore de bases solides. Et la raison en est que, pour obtenir un nombre, force est bien de fixer son attention, tour à tour, sur chacune des unités qui le composent. Mais cette enveloppe extrême se resserre et se répète en cercles intérieurs et concentriques, qui, plus étroits, supportent les mêmes souvenirs diminués, de plus en plus éloignés de leur forme personnelle et originale, de plus en plus capables, dans leur banalité, de s’appliquer sur la perception présente et de la déterminer à la manière d’une espèce englobant l’individu. Du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale ! Il en est de même en ce qui concerne Poult, second biscuitier français, qui vient de rafler cinq points de part de marché en transformant son organisation de manière, par exemple, à permettre à ses salariés de prendre des décisions stratégiques sans en référer à une hiérarchie. Pour compléter une telle doctrine, il conviendrait encore de se souvenir de ce que furent, dans les grandes religions qui formèrent le lien des sociétés d’autrefois, les initiations, ou Mystères, dont l’objet suprême était d’unir étroitement les hommes à la divinité. Tous les éléments constituants des zones corticales du cerveau ont des manières d’être et de réagir ; mais cela ne suffit pas pour qu’il y ait actuellement idée. C’est l’histoire de chaque goutte d’eau qu’il faudrait nous donner ; c’est la goutte d’eau qu’il faudrait suivre dans l’atmosphère, dans la mer et dans les divers courants où le hasard de sa destinée la porte tour à tour ; parce que la goutte d’eau est l’objet doué de réalité substantielle ; parce que le Rhône, si on le considère comme une collection de gouttes d’eau, est un objet qui change sans cesse ; tandis que c’est un objet sans réalité, si, pour sauver l’unité historique, on le regarde comme un objet qui persiste, après que toutes les gouttes d’eau ont été remplacées par d’autres. On peut aussi y lire l’effet d’une caractéristique mise en évidence par des études antérieures, qui montrent que le temps passé par les managers et les administrateurs d’entreprise sous LBO est considérablement plus important que dans les autres. Il ne reste plus alors qu’à parquer le mouvement dans l’espace, les qualités dans la conscience, et à établir entre ces deux séries parallèles, incapables par hypothèse de se rejoin­dre jamais, une mystérieuse correspondance. Cette doctrine contradictoire, qui ruine l’efficacité sociale du principe théologique, sans consacrer l’ascendant fondamental du principe positif, ne saurait correspondre à aucun état vraiment normal et durable : elle constitue seulement le plus puissant des moyens de transition propres au dernier office nécessaire de l’esprit métaphysique. Il s’agit d’autant de développements qui ont amené les observateurs à estimer que dans un environnement de soulèvements dans les pays arabes, le Maroc s’est inscrit dans une logique d’évolution plutôt que de révolution. Si une personne possède une somme raisonnable de sens commun et d’expérience, sa propre manière d’arranger son existence est la meilleure ; non pas parce que c’est la meilleure en soi, mais parce que c’est la sienne propre. Si l’on demande à l’observateur quelles sont les lettres qu’il est sûr d’avoir aperçues, les lettres qu’il désigne peuvent être effectivement présentes ; mais ce seront tout aussi bien des lettres absentes, qu’on aura remplacées par d’autres ou simplement omises.

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